Je voulais partager un petit retour d’expérience sur la remise en état d’un Mamiya M645 1000s acheté chez un pro allemand en mode “defekt / pour pièces”. Je précise tout de suite : je ne suis pas réparateur, je me suis mis au moyen format assez récemment. J’aime beaucoup la série Mamiya 645, et le hasard a fait que j’ai pu récupérer plusieurs boîtiers (dont certains remis en route avec des choses assez simples : nettoyage, mousses/joints, etc.). Celui-ci, par contre, était clairement un cran au-dessus : je l’ai pris comme boîtier “école” pour apprendre.
À l’arrivée, le symptôme était très net : peu importe la vitesse, le boîtier faisait une fermeture quasi immédiate, comme si 1er et 2e rideau partaient presque ensemble. Et Bulb ne fonctionnait pas. Bref, inutilisable.
Je me suis donc attaqué à la partie électronique des vitesses lentes. Sur la 1000s, on retrouve notamment :
C1 (2,2 µF tantale) côté temporisation,
C2 (470 µF / 6,3 V) qui sert de réservoir pour la “moving coil / MC” (l’actionneur qui déclenche la fermeture du 2e rideau sur les vitesses lentes).
J’ai remplacé C1 et C2, refait les soudures, et j’ai eu un classique du vieux matériel : une piste de masse un peu décollée/arrachée, que j’ai réparée via un strap vers une vis de masse.
Après ça, grosse amélioration : Bulb est revenu et le cycle devenait globalement cohérent. Par contre, il restait un petit pourcentage de déclenchements qui finissait encore en fermeture immédiate (“tout part d’un coup”). Le genre de truc qui rend fou : on n’est plus dans la panne totale, mais pas encore dans la confiance.
À ce stade, j’ai essayé de rester méthodique : chercher des patterns (repos, séries de tirs), suivre ce que je pouvais du manuel (points de test type Pin2/Pin7), nettoyer les contacts accessibles (pile / switchs). Et surtout : j’ai fini par passer du “tout est peut-être électronique” à l’observation de la cinématique.
C’est là que j’ai trouvé le vrai coupable : dans la zone MS clutch / 1st curtain brake, un petit levier ne revenait pas toujours franchement en butée. Quand il restait légèrement “perché”, le cycle suivant pouvait partir en fermeture immédiate. Et quand je le remettais en butée à la main, tout redevenait normal. Ça m’a permis d’arrêter de tourner en rond : j’avais enfin un comportement reproductible et une pièce clairement impliquée.


La correction a été un nettoyage mécanique ciblé, progressif et localisé : naphta (essence F) + cure-dent/coton-tige/papier non pelucheux, en mode “nettoyer → actionner → essuyer”, jusqu’à retrouver un retour sec et franc (butée nette, sans retour mou). À partir de là, la stabilité est devenue très bonne, y compris après repos.
Côté validation, j’ai enchaîné pas mal de séries sur 0,5s → 8s sans anomalie, et j’ai aussi fait quelques mesures au shutter tester sur les vitesses lentes : résultats très propres et reproductibles.

